Grand Canyon, Las Vegas, Zion et Bryce National Park
Enfin, le Grand Canyon nous est apparu faisant oublier deux semaines de route, vision hallucinante d’une fracture sur une planète qui n’avait pas à composer jusqu’à tout récemment avec les sapiens… En bas tout en bas, après des millions d’années, les méandres de la rivière Colorado à peine visible dessinant un filet d’eau verdâtre qui doit se terminer au Mexique s’il reste encore de la vie dans cette rivière. C’est un des Parc national les mieux organisés qu’il m’aura été donné de visiter, on a réussi à protéger l’environnement malgré les millions de visiteurs qui y défilent chaque année. Navettes gratuites qui nous amènent aux principaux lieux spectaculaires, sentiers bien balisés enfin tout ce qu’il faut pour que nous profitions pleinement de cette merveille de la nature dans le plus grand respect de ce fabuleux endroit qui fait plus de 500 kilomètres de superficie.
Las Vegas a été l’étape suivante de notre aventure et force est de constater qu’après avoir vu ce que la nature pouvait faire de superbe avec le Grand Canyon nous avons vécu ce que la nature humaine pouvait faire de pire avec cette ville aux mœurs complètement dépravés qui suinte le mauvais fric et le sexe à t’en lever le cœur. Pourtant je ne me considère pas comme étant si puritain mais le bon goût et la mesure n’ont aucune place dans cette ville faisant partie d’un état où l’avortement est un crime et où l’on peut acheter une mitraillette AK 47 avec un simple permis de conduire.
Kitch ! est sans doute le terme qui nous est revenu le plus souvent lors de cette soirée où notre étonnement a vite été remplacé par un curieux voyeurisme généralisé où les jeunes et moins jeunes habillés en string, sans soutien-gorge déambulaient en toute innocence sur cette fameuse Strip. S’y côtoyaient également toute la cohorte des mal foutus, quêteux, alcooliques finis et rejetés d’une société qui n’en a que pour la beauté des corps et pour l’argent qu’elle peut en tirer… Heureusement il y a encore de vrais touristes, d’excellents restaurants et de bons spectacles qui nous font oublier, pour quelques heures, que le spectacle n’est pas que dans la rue.
Petit détour en passant par le barrage Hoover, ouvrage d’ingénierie datant des années 30 qui a permis de régulariser le débit de la rivière Colorado. Je l’ai déjà vu exploser dans un film d’extraterrestre
Nous avons en 18 jours vécu ou survécu à quatre changements d’heures… gagné une heure à Chicago, une autre en Oklahoma, une autre en Arizona…( ça fait 3 heures plus tôt que chez nous) et finalement on en a perdu une en Utah… quel heure est il chez vous ?
André xx
Il y a un phénomène tout à fait naturel, auquel nous n’avons pas du tout réfléchi, pourtant il est tellement évident, compte tenu des endroits que nous souhaitions visiter. Ce phénomène nous cause des désagréments physiques, réduit presque à néant nos sorties de vélo, ralentit nos pas (André est bien content), diminue notre appétit, nous coupe le souffle, bref, nous épuise : “ l’altitude”, mais en fait, je préfère le mot anglais “elevation“.
Depuis notre première nuit à Santa Fe, (plus 7,200’ d’élévation), nous avons le souffle court, nous sommes fatigués, la première nuit, les pieds m’ont enflés, je me suis réveillée avec des maux de tête, de cœur… Incapable de déjeuner….nous sommes descendus de quelques centaines de pieds…j’ai dormi une heure dans la voiture au centre d’information touristique pendant que dans le bâtiment d’en face, des bandeaux et deux équipes de TV, attendaient à l’extérieur des nouvelles du procès de l’ex-mairesse de Santa Fe pour fraude et abus de pouvoir! Une impression de déjà vu!
Enfin, après un “bon” coke, nous découvrons cette charmante petite ville aux allures mexicaines.
De Santa Fe, en passant par une autre charmante ville, Albuquerque, nous voici donc au fameux Grand Canyon, 7000’ d’élévation! Lentement nos corps, plutôt habitués de vivre au niveau de la mer, s’acclimatent à l’élévation! Les meilleurs endroits pour voir ces lieux naturels, sont définitivement les « State Parks », notre 3e nuit au Grand Canyon nous avons eu la chance d’avoir un site au Mather State Campground, le plus près du Canyon. Ce qui nous a permis d’y voir le coucher de soleil, qui malheureusement, n’était pas des plus grandiose.
« Un samedi soir sur la strip chérie ? » « Ouais, vraiment? » Un passage express à Las Vegas… quelques heures dans ce capharnaüm cacophonique me suffit… vraiment pas mon style, aucune surprise, je m’attendait à ces excès, à ce plus que kitch. Une chose à laquelle je ne m’attendais pas et qui, en tant que femme, m’a dégoûtée c’est de voir toutes ces filles, de tous âges, qui veulent être sexy, mais qui s’habillent comme des putains; top échancrés, strings, shorts trop court, bref des fesses, des seins de toutes les grosseurs et pas toujours beaux à regarder. J’imagine que ça fait partie de la game, du fake de Vegas. Anyway, je ne suis pas au top de ma forme pour la visite du zoo de Vegas, les symptômes de la maladie de la montagne sont toujours présents, sans parler de la cheville que je me suis légèrement foulé la veille. Ha, la, la ! Une vraie mémère avec mes bobos pis ma robe aux genoux! Je vais tout de même finir sur une note positive, les fontaines dansantes sur les airs de “dancing to the moon” du Bellagio sont vraiment belles!
Après cet intermède dans la ville de tous les vices, à mon grand bonheur, nous poursuivons la visite des grands parcs, Zion et Bryce Canyon (entre 3 à 9000’ d’élévation)…. WOW, impressionnant, extraordinaire…une chose est certaine, la nature n’a rien à apprendre des hommes pour la beauté, l’architecture, l’aménagement paysager, l’agencement des formes et des couleurs, à chaque virage on s’arrête pour prendre des photos.
Et que dire de tous ces touristes croisés, qui comme nous, marchent à pas lents, s’arrêtent régulièrement, parlent difficilement tellement le souffle leur manque… jeunes ou vieux, en forme physique ou pas, tous sont touchés par “l’élévation”. Ils économisent leur énergie pour profiter de l’extrême beauté des lieux, de la force tranquille que ces montagnes millénaires dégagent, ils chuchotent en tentant de prendre les plus belles photos, question de garder des souvenirs de ces moments de paix, de grande sérénité et d’unité avec la nature.
L’élévation nous ramène à la base de l’être humain que nous sommes « inspirer et expirer », tellement automatique, machinal qu’on l’oublie jusqu’à ce que l’on vienne s’élever dans ces lieux ! Est-ce l’effet de l’élévation, si rien n’a plus d’importance que l’ici, maintenant? Une chose est certaine, il règne dans ces parcs une ambiance quasi surnaturelle, où la beauté des lieux métamorphose les humains ou plutôt, les ramènent à leur essence d’êtres bons, souriants et aimants… en espérant que les symptômes positifs de “l’élévation”, nous, et les accompagnent tout au long de leur chemin!
Sylvie
Xx
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